Mercure : de la glace au plus près du Soleil
La plus petite planète fait le tour du Soleil en seulement 88 jours. Son immense noyau de fer atteint environ 85 % de son rayon ; sa surface criblée de cratères subit plus de 600 °C d’écart entre jour et nuit, mais de la glace d’eau subsiste dans l’ombre permanente des pôles.

À retenir
- Diamètre
- Environ 4 880 km
- Distance au Soleil
- Environ 57,9 millions de km (0,39 UA)
- Période orbitale
- Environ 88 jours
Sur la face éclairée de Mercure, le Soleil paraîtrait deux à trois fois plus grand que depuis la Terre. Pendant sa longue nuit, le sol peut refroidir jusqu’à environ −180 °C. Avec seulement 4 880 km de diamètre, la planète la plus petite et la plus proche du Soleil renferme un noyau de fer étonnamment vaste.

Au plus près du Soleil
Mercure se trouve en moyenne à environ 57,9 millions de kilomètres du Soleil, soit 0,39 ua. Son orbite excentrique l’en rapproche jusqu’à quelque 46 millions de kilomètres et l’en éloigne jusqu’à 70 millions. Une année n’y dure que 88 jours terrestres.
Elle effectue trois rotations sur elle-même pendant deux orbites, selon une résonance spin-orbite de 3:2. Il s’écoule 176 jours terrestres d’un lever de Soleil au suivant : son jour solaire est plus long que son année.
Un immense noyau de fer
La densité inhabituellement élevée de Mercure indique que son noyau occupe environ 85 % de son rayon, sous un manteau et une croûte relativement minces. Le noyau terrestre ne dépasse que légèrement la moitié du rayon de notre planète.

Selon une hypothèse, un impact géant aurait arraché une grande partie d’un ancien manteau rocheux. Une autre attribue la perte des matériaux légers à l’environnement brûlant près du jeune Soleil. MESSENGER a mis en évidence un noyau externe liquide et un faible champ magnétique, environ cent fois moins intense que celui de la Terre, un résultat surprenant pour une planète si petite.
Cratères, températures extrêmes et glace polaire
La surface gris-brun et cratérisée de Mercure rappelle celle de la Lune et conserve plus de quatre milliards d’années d’impacts. Le bassin Caloris, large d’environ 1 550 km, compte parmi les plus grandes structures d’impact du Système solaire. De longs escarpements lobés montrent que la planète s’est lentement contractée.

Comme il n’existe presque aucune atmosphère pour répartir la chaleur, le sol peut atteindre 430 °C le jour et tomber autour de −180 °C la nuit, soit un écart de plus de 600 °C. MESSENGER a pourtant confirmé la présence de glace d’eau dans des cratères polaires plongés en permanence dans l’ombre.
La planète la plus proche est-elle aussi la plus chaude ?
Non : Vénus est plus chaude. Mercure perd rapidement sa chaleur pendant la nuit, tandis que l’épaisse atmosphère de dioxyde de carbone de Vénus la retient par un puissant effet de serre. La distance au Soleil ne suffit pas à déterminer la température d’une planète ; l’absorption, la conservation et le transport de la chaleur par l’atmosphère comptent également.
Pourquoi Mercure est-elle difficile à atteindre ?
La gravité du Soleil accélère les sondes qui s’approchent, de sorte qu’une mise en orbite exige un freinage considérable, souvent obtenu grâce à plusieurs assistances gravitationnelles. L’humanité n’a envoyé que trois missions spécifiquement consacrées à Mercure.
Mariner 10, lancée en 1973, a effectué trois survols en 1974 et 1975 et photographié environ 45 % de la surface. Lancée en 2004, MESSENGER est devenue la première sonde en orbite autour de Mercure en mars 2011. Elle a cartographié l’ensemble du globe et confirmé la glace polaire avant son impact planifié le 30 avril 2015.

La mission euro-japonaise BepiColombo a décollé en octobre 2018 et multiplié les survols de la Terre, de Vénus et de Mercure. En septembre 2026, elle se trouvait dans sa phase d’arrivée, avec une insertion en orbite prévue en novembre et deux orbiteurs chargés d’étudier la planète.


