Europa Clipper : à la recherche de conditions habitables
Europa Clipper est une mission américaine de la NASA lancée en 2024 pour déterminer si l’océan caché sous la glace d’Europe pourrait réunir les conditions nécessaires à la vie. La sonde orbitera autour de Jupiter et survolera plusieurs fois Europe afin d’obtenir des mesures rapprochées sans rester en permanence dans le rayonnement intense.

À retenir
- Opérateur
- NASA / JPL
- Lancement
- 14 octobre 2024
- Objectif
- Évaluer l’habitabilité de l’océan souterrain d’Europe
Avec ses panneaux solaires déployés, Europa Clipper dépasse 30 m d’envergure, soit plus que la longueur d’un terrain de basket. La plus grande sonde planétaire jamais construite par la NASA se dirige vers Europe, lune glacée et fracturée de Jupiter. Sa mission consiste à déterminer si l’océan caché pourrait offrir des conditions propices à la vie, pas à annoncer que la vie y a été découverte.

Pourquoi Europe ?
Europe mesure environ 3 122 km de diamètre. Son probable océan global contiendrait près de deux fois plus d’eau que tous les océans terrestres. Dans les années 1990, les mesures magnétiques de Galileo ont laissé entrevoir une couche de saumure conductrice sous la glace. Les marées pourraient fournir de l’énergie. La présence simultanée d’eau, d’énergie et d’éléments chimiques fait d’Europe une cible majeure pour l’étude de l’habitabilité.
Un long voyage vers Jupiter
Europa Clipper a décollé du centre spatial Kennedy à bord d’un Falcon Heavy le 14 octobre 2024, pour un trajet d’environ 2,9 milliards de kilomètres. Après avoir survolé Mars en mars 2025, la sonde doit revenir près de la Terre en décembre 2026 afin d’utiliser sa gravité pour modifier sa vitesse et sa direction. Son arrivée auprès de Jupiter est prévue en avril 2030.

Sous la coque de glace
Les modèles décrivent une coque glacée épaisse d’environ 15 à 25 km, sous laquelle se trouveraient un profond océan salé, un manteau rocheux et un noyau métallique. Les fractures rougeâtres pourraient signaler des remontées de matière. À la limite entre l’océan et la roche, une activité hydrothermale fournirait peut-être de l’énergie, comme dans les écosystèmes terrestres qui prospèrent sans lumière solaire.

Quarante-neuf survols sous contrainte radiative
Les particules très énergétiques piégées autour de Jupiter endommagent l’électronique au voisinage d’Europe. Europa Clipper suivra donc de vastes orbites elliptiques autour de Jupiter : elle restera la plupart du temps à distance, puis passera brièvement près de la lune. Environ 49 survols rapprochés sont prévus pendant près de quatre années d’observations, dont certains à seulement 25 km d’altitude. Chaque rencontre concentrera les mesures, avant que la sonde s’éloigne pour transmettre ses données.
Neuf instruments scientifiques
La sonde, d’une masse proche de six tonnes, a besoin d’immenses panneaux solaires car la lumière reçue près de Jupiter ne représente qu’environ 3 % de celle disponible au voisinage de la Terre. Ses neuf instruments comprennent les caméras EIS, le spectromètre de composition MISE, Europa-UVS pour rechercher des panaches, la caméra thermique E-THEMIS, le radar pénétrant REASON, le magnétomètre ECM, l’instrument plasma PIMS, ainsi que MASPEX et SUDA pour analyser les gaz et les poussières.

Pourquoi ne pas se poser cette fois-ci ?
Le rayonnement et la nature encore mal connue du sol compliquent tout atterrissage. Même un engin posé à la surface ne pourrait pas simplement atteindre un océan enfoui sous plusieurs kilomètres de glace. Europa Clipper joue le rôle d’éclaireur : elle cartographiera la lune, mesurera sa coque glacée, cherchera d’éventuels panaches et repérera les régions les plus intéressantes pour de futures missions.
Source du modèle 3D
L’apparence présentée dans l’app est adaptée du modèle d’Europa Clipper fourni par la NASA, utilisé conformément aux règles de la NASA relatives aux médias, sans que cela implique son approbation. Le modèle a été simplifié, compressé et adapté à l’affichage. L’échelle et l’orientation initiale sont illustratives et ne proviennent pas de données télémétriques.
Les éléments dorés, champagne ou aux tons froids, ainsi que les reflets adoucis, améliorent la lisibilité. Ces couleurs ne constituent pas une reproduction exacte de la sonde réelle.


