Espace

Éris : le petit monde qui a changé les manuels scolaires

Éris est la planète naine connue la plus massive, plus lourde que Pluton. Sa découverte a contribué à la définition du mot « planète » adoptée par l’UAI en 2006. Sa surface contient de la glace de méthane, sa lune s’appelle Dysnomie et son orbite très allongée l’emporte jusqu’à 97,6 UA du Soleil.

À gauche, une véritable image de Pluton ; à droite, une vue d’artiste d’Éris, les deux étant représentées à l’échelle relative
À gauche, une véritable image de Pluton ; à droite, une vue d’artiste d’Éris, les deux étant représentées à l’échelle relative
Crédit image: NASA/Johns Hopkins APL/SwRI; Wikimedia Commons contributors · CC0 · Voir la source de l’image ↗

À retenir

Diamètre
Environ 2 326 km
Distance au Soleil
38 à 97,6 UA
Période orbitale
Environ 557 ans

Depuis Éris, le Soleil ressemble à une lointaine étoile brillante. Ce monde mesure environ 2 326 km de diamètre, un peu moins que Pluton, mais possède une masse supérieure d’environ 27 % : c’est la planète naine connue la plus massive. L’annonce de sa découverte en 2005 a obligé l’astronomie à préciser la définition d’une planète.

Plus petite que Pluton, plus massive

Son diamètre est d’environ 2 326 km et sa densité proche de 2,43 g/cm³ indique une proportion de roche supérieure à celle de Pluton. Parmi les corps qui orbitent directement autour du Soleil, Éris se classe au neuvième rang par la masse.

Une véritable image de Pluton à gauche et une vue d’artiste d’Éris à droite, présentées à la même échelle relative
Une véritable image de Pluton à gauche et une vue d’artiste d’Éris à droite, présentées à la même échelle relative
Crédit image: NASA/Johns Hopkins APL/SwRI; Wikimedia Commons contributors · CC0 · Voir la source de l’image ↗

Le bouleversement des manuels

Le 5 janvier 2005, Mike Brown, Chad Trujillo et David Rabinowitz ont identifié cet objet au lent déplacement dans des images prises à Palomar en octobre 2003. Désigné 2003 UB313 et surnommé Xena, il a été annoncé en juillet et parfois présenté comme la dixième planète. Le débat a conduit l’UAI à adopter en août 2006 une définition de la planète et la catégorie des planètes naines. En septembre, l’objet a reçu le nom d’Éris, déesse grecque de la discorde.

Une ellipse lointaine et inclinée

Éris appartient au disque des objets épars. Son excentricité avoisine 0,44 et son inclinaison 44°. Sa distance au Soleil varie d’environ 38 à 97,6 UA et son orbite dure près de 557 ans. Elle a franchi son aphélie à la fin des années 1970 et se trouve encore à environ 96 UA du Soleil.

Orbite excentrique et inclinée d’Éris comparée à celles des planètes externes
Orbite excentrique et inclinée d’Éris comparée à celles des planètes externes
Adapté de: Orionist · CC BY-SA 4.0 · Voir la source de l’image ↗

De la roche sous la glace

En l’absence de visite par une sonde, les modèles internes reposent sur la masse, le rayon et la densité. Ils suggèrent un noyau rocheux, un manteau de glace d’eau et une surface riche en méthane. La mesure infrarouge des isotopes du méthane en surface laisse penser qu’une faible activité thermique interne pourrait subsister.

Modèle théorique de l’intérieur d’Éris, avec noyau rocheux, manteau de glace d’eau et surface riche en méthane ; ces couches n’ont pas été observées directement
Modèle théorique de l’intérieur d’Éris, avec noyau rocheux, manteau de glace d’eau et surface riche en méthane ; ces couches n’ont pas été observées directement
Crédit image: Satellite Tracker · CC BY 4.0

Dysnomie

Des observations en optique adaptative réalisées avec Keck ont révélé sa faible lune en septembre 2005. Dysnomie orbite à environ 37 000 km en 15,8 jours sur une trajectoire presque circulaire et pourrait provenir d’un ancien impact. Son mouvement permet de déterminer la masse d’Éris grâce aux lois de la mécanique orbitale.

Vue d’artiste d’Éris depuis les environs de Dysnomie
Vue d’artiste d’Éris depuis les environs de Dysnomie
Crédit image: ESO/L. Calçada and Nick Risinger · CC BY 4.0 · Voir la source de l’image ↗

Une surface gelée très réfléchissante

La glace de méthane et des traces d’azote donnent à Éris un albédo d’environ 0,96. La température de surface se situe approximativement entre −243 °C et −217 °C. Du givre récent suggère un renouvellement ; à l’approche du périhélie, une partie de la glace pourrait se sublimer et former une atmosphère temporaire, dans plusieurs siècles.

À quoi ressemblerait la lumière du jour ?

La lumière solaire y est environ dix mille fois moins intense que sur Terre. Elle éclaire encore la surface mais apporte très peu de chaleur. Un visiteur devrait emporter tout son air et son énergie, ainsi qu’une protection contre un froid extrême : des vêtements ordinaires ne suffiraient pas.

Références